Le gouvernement De Wever-Bouchez nous « tape » sur le système. Au propre comme au figuré. Ce gouvernement bricole le système social tel que nous le connaissons, frappant ainsi de plus en plus de monde. La grève nationale du 31 mars est derrière nous, mais l’inquiétude subsiste. En effet, qu’y a-t-il sur la table ?
Le gouvernement De Wever doit réaliser pas moins de 18 milliards d’euros d’économies d’ici 2029 s’il veut éviter de lourdes amendes européennes. Et qui va payer ? Principalement les travailleurs, qui devront faire un effort de plus de 5 milliards. Si l’on tient compte de la hausse prévue de l’emploi, ce montant grimpe même jusqu’à 13 milliards. Et les plus riches, alors ? Ils ne débourseront qu’1,5 milliard à peine. Même le secteur bancaire ne contribuera que modestement au travers d’une taxe de 350 millions. Par contre, l’économie réalisée sur les plus pauvres par la suppression de l’enveloppe bien-être sera de 2,8 milliards d’euros.
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie sur le lieu de travail ? Nous vous l’expliquons en quelques lignes.
Les métiers lourds ignorés
Les métiers lourds ne sont mentionnés nulle part dans l’accord de gouvernement. Aucune reconnaissance donc pour ceux qui travaillent en équipes, travaillent dans les soins de santé ou exercent un métier lourd physiquement.
- Le RCC (prépension) disparaît à compter du 31 janvier 2025, excepté pour raisons médicales. Les syndicats tentent de maintenir les accords existants jusque fin juin, mais la suite est incertaine. En outre, même le RCC pour raisons médicales sera plus difficile à obtenir et fera l’objet d’un suivi strict.
- Les conditions d’accès aux emplois de fin de carrière sont rendues plus strictes : il faudra désormais justifier de 35 ans de carrière au lieu de 30. Les exceptions prévues pour les métiers lourds disparaissent totalement. Un emploi de fin de carrière est également moins pris en compte dans la constitution de la pension.
Plus de flexibilité, moins de garanties
- Jusqu’à 360 heures supplémentaires volontaires possibles, dont 240 exonérées d’impôts. Cela vaut pour les travailleurs à temps plein ou pour les temps partiels avec lieu de travail temporaire et au moins 3 ans d’ancienneté. De plus, votre accord concernant les heures supplémentaires ne devra plus être renouvelé tous les 6 mois.
- Annualisation du temps de travail : votre semaine de travail moyenne sera évaluée sur base annuelle. Votre accord unique permettra à l’employeur d’introduire des horaires variables sans aucune concertation sociale. Les heures supplémentaires deviendront ainsi plus difficiles à détecter et il ne sera plus obligatoire de mentionner tous les horaires dans le règlement de travail.
- Le temps de travail hebdomadaire minimum disparait. Théoriquement, vous pouvez ne travailler que le dimanche, bien qu’il ne soit pas certain que cela vous permette de gagner suffisamment.
Moins de protection
- L’interdiction du travail de nuit et les jours de fermeture obligatoires disparaissent, sans obligation de concertation. Suppression de la protection supplémentaire contre les rythmes de travail malsains.
- Réintroduction de la période d’essai, soit jusqu’à 6 moins d'incertitude en cas de nouvel emploi. Mauvaises nouvelles pour vos négociations.
- Les flexi-jobs sont désormais autorisés dans tous les secteurs. Le risque d’abus est grand, d’autant plus qu’il est à nouveau autorisé de travailler pour des entreprises liées (faisant partie d'un même groupe).
La formation ? Ce n’est plus une évidence
- Le droit individuel à la formation est remplacé par un système collectif. Il n’y a plus de garanties pour ceux qui en ont véritablement besoin. Les heures de formation non utilisées expirent au moment du préavis.
- L’indemnité de licenciement pour les nouveaux travailleurs est limitée à 12 mois et son utilisation peut être rendue obligatoire dans le cadre de l’activation.
Conclusion
Ce ne sont que quelques-unes des mesures prévues. La direction suivie est claire : hausse de la flexibilité et diminution des garanties. La grève est terminée, mais pas notre combat. Nous restons vigilants et faisons comprendre clairement que cette politique n’est pas bénéfique pour la population active, que du contraire.